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A mon arrivée au Kazakhstan, c’était la première fois depuis une vingtaine d’années que je me retrouvais propulsée dans un environnement où je ne parlais pas un mot de la langue.
Ni Kazakh, ni Russe.
Je devais apprendre une nouvelle langue.

Je commençais à peine à maîtriser le « oui » et le « non » en russe…

Apprendre ou ne pas apprendre, là est la question
La dernière fois que c’était arrivé, j’avais 18 ans (apprentissage plus rapide), plusieurs personnes parlaient quand même un peu de français dans mon entourage, et je n’avais pas vraiment d’obligation à apprendre la langue locale.
Cette fois, mon rôle de mère de famille fait que mon cerveau plus rempli et plus fatigué doit quand même apprendre, question d’arriver par exemple à faire l’épicerie, discuter un peu avec l’éducatrice de la garderie et expliquer au médecin que non, mon fils ne tousse pas et oui, son nez coule de couleur verte !
Heureusement, il existe maintenant une foule de traducteurs en ligne super efficaces avec reconnaissance vocale sur les téléphones intelligents.
Pour le reste… ça fait des histoires à raconter.
En voici quelques-unes, juste pour vous faire sourire!
Les bogues du traducteur
Le russe est une langue très, très complexe. J’ai abandonné l’idée de traduire vers le français; peu importe le logiciel, le résultat est navrant, bien que parfois rigolo. Un exemple, suite à la soumission d’un formulaire en ligne:

Même en traduisant vers l’anglais avec un bon traducteur, parfois il faut plusieurs tentatives pour comprendre… ou juste accepter qu’on manque une partie de l’information, surtout quand il s’agit de slang écrit par les mamans du groupe de la garderie! Un autre exemple:

L’apprentissage d’une nouvelle langue pour maman
- Ça donne parfois des fins de conversation particulières, du genre « Bye, moi faut j’étudie mon vocabulaire de russe en lien avec l’accouchement ! » Car oui, j’ai accouché au Kazakhstan avec des professionnels de santé parlant russe peu de temps après mon arrivée.
2.Ton vocabulaire n’a rien à voir avec les livres d’apprentissage pour touriste.
Pendant longtemps, je ne savais pas dire « où se trouve XYZ », « tourner à gauche » ou « où puis-je acheter des billets de spectacle ». Par contre je pouvais parler de diverses maladies, médicaments, vaccins, demander des légumes et du pain à l’épicerie, et nommer les jeux au parc… Les mots de base que je commence à mieux connaître maintenant sont ceux des livres pour enfants que je regarde avec eux, comme les formes, les couleurs et les animaux.
3. Justement, à l’épicerie, quand tu te retrouves dans un petit marché de type magasin général où tu dois demander les produits au comptoir… t’as de la chance si les produits sont visibles, et tu pointes. Tu finis par acheter le tiers de ta liste parce que tu ne sais pas nommer le reste. Si t’es chanceuse, que la commis au comptoir est patiente et que le réseau internet fonctionne, tu remercies le traducteur de ton téléphone intelligent!!
L’apprentissage d’une nouvelle langue pour les enfants
Les enfants apprennent beaucoup plus vite, surtout quand ils sont exposés davantage à la langue locale via la garderie ou la nounou.
Au début ils n’osent pas parler, puis petit à petit…
- Un jour, ton fils fait la sieste trop tard, donc tu vas le réveiller… et tu te fais engueuler en russe!
- Ton enfant parle avec tes amis (adultes) et tu ne comprends pas tout.
- Quand tu passes une fin de semaine au chalet avec des amis qui ont aussi des enfants et qu’il y a une session de dessins animés, il faut parfois alterner les langues pour que « ça soit juste » … Masha et Mishka en russe, Caillou en français et Pat Patrouille en anglais, pourquoi pas !
- Les premiers mots du bébé ne sont pas tous en français. Pour notre premier, c’était « agua » en espagnol, pour le second « païdiom » (écrit en phonétique), qui veut dire on y va. »
- Un jour il commence à être capable de traduire pour toi! (Bien que, souvent, il ne veuille pas ou soit trop timide)
**Ajouts en 2024! **
- Parfois, ton enfant est plus au courant de l’actualité locale que toi. « Y »a eu un tremblement de terre à Almaty! » « Je sais, j’ai entendu les gens en parler au café ce matin. »
- Lorsque la seconde langue est de mieux en mieux maîtrisée, la grammaire française commence à en être affectée. Des tournures de phrase auparavant maîtrisées comme « toi et moi » deviennent des trucs bizarres: « Nous maman, avec toi on est de vrais réparateurs! » —- Phrase lancée après un travail de réparation, raconté ici dans La cheapness des choses.

Changer de langue
Quand on change de pays et de langue et que les enfants sont encore petits, on se demande un peu comment conserver cette langue.
Mon premier avait 20 mois quand on a quitté le Pérou; il comprenait très bien l’espagnol et parlait un peu.
Nous étions en route pour le Kazakhstan, où il allait devoir apprendre le russe.
Ce fut un déchirement; devions-nous prendre des mesures pour qu’il conserve un peu son espagnol, sachant qu’aucun des deux parents n’est hispanophone de naissance? Nous avons choisi de le laisser de côté, d’autant plus qu’il ne regardait pas encore la télévision. Sinon, on lui aurait fait regarder les petits bonhommes en espagnol!
On espère que quelque part dans un coin de son cerveau demeurent quelques notions qui lui permettront de le réapprendre facilement un jour…
Et maintenant, il regarde la Pat Patrouille en russe, bien sûr !