Quoi de mieux pour illustrer la diversité parentale que de partager le vécu d’autres parents de divers horizons culturels? Dans mon réseau, il y a plusieurs parents mixtes, expatriés ou immigrants. J’essayerai donc d’ouvrir une fenêtre sur leur vie à travers ce blogue, à l’aide d’entrevues !
Aujourd’hui, c’est Mia, maman de deux petites filles de 6 et presque 4 ans qui partage son expérience. Merci de cette opportunité de mieux connaître ta famille, Mia!
Présentations
Elle (Mia) vient de Johannesburg et y a grandi. En plus d’avoir voyagé aux USA, dans divers pays d’Afrique incluant le Libéria et le Ghana ainsi qu’en Europe (avec un fort point d’attache en Bulgarie), elle vit depuis plus de 4 ans au Kazakhstan avec mari et enfants. Lui, Angel de son prénom, vient du village de Vasi Levski (Plovdiv province) en Bulgarie et y a grandi jusqu’à 7 ans avant d’immigrer en Afrique du Sud.
C’est pour quand, les enfants?
Est-ce qu’on vous mettait la pression pour avoir des enfants?
Dès qu’ils ont été mariés, la pression sociale pour avoir des enfants a été très forte. La belle-maman de Mia, bulgare et pas encore grand-mère, attendait ce moment avec impatience et n’hésitait pas à l’emmener faire les boutiques de puériculture, avant même toute lueur de grossesse! De son côté aussi, la communauté Afrikaner dont est issue la famille de sa mère lui faisait sentir qu’il était déjà tard: “ Why don’t you have kids? You are already 30 ! You’re nearly gonna be ready to be put on a shelf…”
Heureusement, elle avait un break du côté parental, qui eux-mêmes croyaient que le jeune couple faisait bien de profiter de ces moments sans progéniture. Ouf!
Ça s’en vient!
La première grossesse a eu lieu en Afrique du Sud, dans une ville à environ une heure trente des parents de Mia et Angel. Ça leur paraissait très loin à l’époque, vision toute relative maintenant qu’ils sont à 3 avions et 12 à 24h de voyage…
Maux de grossesse
Souvent, on entend dire qu’il faut souffrir pour être belle…mais est-ce qu’il faut absolument souffrir pour fabriquer un bébé? Mia a eu une grossesse difficile, avec apparemment peu de conseils lui permettant de soulager ses maux (puisque rien ne semblait marcher!). Peut-être que dans sont cas, des remèdes de grand-mère ou de sage-femme auraient été plus appropriés que ceux de la médecine moderne? On ne le saura pas. En tout cas, sa belle-mère étant médecin, un jour de très très difficiles nausées matinales elle a au moins eu droit à une perfusion de réhydratation pour l’aider! Service à domicile, sans rien demander!
Grossesse et traditions
Y a-t-il des traditions que vous avez tenu à suivre?
Mia souligne que dans les milieux urbains, la tendance est plutôt à suivre les lignes directrices de la médecine moderne; elle n’a donc pas été trop exposée à d’anciennes traditions concernant la femme enceinte. Toutefois, la situation aurait probablement été toute autre si elle provenait d’un milieu rural ou de la communauté noire.
Son entourage souhaitait seulement qu’elle se sente bien, qu’elle prenne bien toutes les vitamines recommandées, qu’elle se repose davantage et qu’elle arrête de travailler au moins deux mois avant la date prévue d’accouchement.
La seule tradition (moderne!) qu’elle a tenu à respecter est le fameux baby shower, qui est vraiment un évènement majeur en Afrique du Sud. C’était nouveau pour la belle-mère, qui a été très excitée par l’idée! (Mia dit “she was totally on board! »). De plus en plus, les hommes sont inclus en faisant un braï (BBQ) à la fin, après que les femmes aient fait des jeux, papoté et offert les cadeaux à la future maman. Parce que tsé, les bébés c’est pas juste une affaire de bonne femme.
Nouveau-né dans un bain de culture
Une fois la première enfant née, ça a été le choc des cultures. Et probablement des générations…
Petit détail important ici; à ce moment, la maman de Mia était déjà décédée. C’est donc la maman de Angel qui a assumé naturellement le rôle de figure maternelle pour la jeune nouvelle mère. Toutefois, à la naissance, après deux jours à la maison avec bébé et la belle-maman, cette dernière s’est effondrée en larmes! Mia, complètement désemparée, se fait alors dire qu’elle fait tout, absolument tout de travers. Ouch! Situation difficile autant pour belle-maman que pour Mia!
Par exemple, elle devrait laver le popotin de la petite à l’eau seulement, dans l’évier, à chaque changement de couche. Éviter à tout prix les lingettes du commerce qui “sont le diable” (note, personnellement je suis d’accord avec la belle-mère ici!). Un compromis sera trouvé plus tard, avec la deuxième fille, avec l’utilisation de Aqueous Cream…. c’est une crème hydratante “aqueuse”, mais après avoir lu les ingrédients de certaines marques, même celles qui se disent naturelles, je recommande plutôt le liniment oléo-calcaire !

C’est un bel exemple de conseils contradictoires qu’on reçoit en tant que jeunes parents. Les infirmières de l’hôpital ont enseigné à utiliser les lingettes du commerce, comme le font une majorité de parents dans les sociétés modernes, alors que les méthodes traditionnelles plus naturelles (et souvent meilleures pour la santé!) sont oubliées.
Pour la toilette dans le bain non plus, la belle-maman bulgare n’utilisait pas de savon pour la peau délicate de bébé. Même ceux supposément faits pour les bébés. Ils utilisent de l’eau, et parfois aussi la fameuse Aqueous Cream pour bébés, celle sans parfums ni paraffine. (Note: personnellement je n’utilise pas de savon non plus! Pour le plus grand, de temps à autre quand il a bien transpiré, mais clairement pas à tous les jours. Ils n’ont jamais eu de problèmes de peau).
T’es tombée sur la tête?
Dans un autre registre, certaines activités sont aussi interdites avec les bébés avant qu’ils aient atteint un certain âge. Notamment, les gens de la communauté noire ne sortent pas le bébé de la maison et ne le montrent à personne durant les premiers 40 jours de sa vie. Cette pratique est d’ailleurs commune aussi au Kazakhstan, en Bulgarie et dans une foule d’autres pays! Sans surprise (sauf pour elle qui à l’époque ne connaissait pas cette règle!), Mia s’est fait faire des remontrances le jour où elle a conduit près de deux heures avec sa fille de deux semaines dans la voiture pour aller rejoindre sa sœur à Johannesburg!
Du côté du papa, la différence de culture n’a pas causé de difficultés additionnelles puisqu’il a énormément respecté les choix de sa femme. Tout en soulignant seulement parfois que sa mère aurait fait telle ou telle chose…
Différences, différences
Est-ce que vous avez eu des surprises (ou chocs!) À un quelconque moment du processus de devenir parent, en lien avec des différences culturelles entre vous?
Côté routine de dodo / allaitement / diversification alimentaire… c’est comment chez vous?
Le plus gros choc pour le papa a été quoi?
Les réponses de Mia à ces questions et bien plus à venir dans la suite de cette entrevue!




