
Quand on s’expatrie, on se retrouve généralement loin de la famille et des amis.
Evidemment, nul besoin d’habiter dans un autre pays pour être loin des grands-parents.
Éloignés même chez nous
Quand j’étais jeune, j’habitais en Montérégie, dans le sud du Québec, alors que mes grand-parents vivaient beaucoup plus au nord de la province, au Lac Saint-Jean.
On les voyait une fois par an, à Noël, dans une fête animée de trois ou quatre jours. Leur petite maison se remplissait de leurs sept (oui oui, 7) enfants, en plus des conjoints et enfants. Pour dormir, on s’entassait sur des matelas au sol à l’étage au plafond bas et pentu. On jouait avec les cousins et cousines, on faisait la bouffe et la vaisselle en famille (i.e. à 25), on jouait aux cartes et on allait à la messe de minuit. J’en garde de précieux souvenirs, incluant de la période où, ado, je m’asseyais sur la chaise berçante avec mon Walkman sans participer aux jeux des « bébés ».
A cause de l’éloignement, je n’ai pas connu de grand-maman ou de grand-père… :
- qu’on visite pour le thé et petits gâteaux ou le brunch du dimanche;
- qui vienne me chercher à la fin de la journée d’école;
- qui m’amène au cinéma, au café, au parc, en balade de voiture;
- qui me couche le soir ou pour la sieste.
Bref, je n’ai pas eu de relation soutenue, quotidienne ou hebdomadaire avec eux. Pour vrai, ça m’a manqué.
Relations à distance
Malheureusement, quand on est expatrié, le même schéma se met en place. Souvent, c’est même uniquement aux deux ou trois ans que les petits voient leurs grands-parents. En effet, une année on peut décider de rester dans notre pays de résidence, la suivante on va peut-être dans le pays du papa et l’autre encore dans le pays de la maman…
Moi, j’ai aussi un frère expatrié. De « l’autre bord » de la planète que moi, avec les parents au milieu. Aussi bien vous dire que, des réunions de famille avec toute la marmaille, on n’a pas encore réussi à en faire!
Construire le lien
Néanmoins, on voit que les grands-parents sont importants pour nos petits ( et vice versa!). Des études le disent aussi.
De nos jours, c’est heureusement plus facile de garder le lien vivant avec les appels vidéo. C’est littéralement plus parlant qu’une carte manuscrite!
On essaie aussi de garder des photos d’eux dans la maison, par exemple à coté de la table à langer.
On raconte aux enfants des histoires à propos des grands-parents.
On incite les petits à leur écrire et dessiner des cartes pour Noël ou autres fêtes.
Et bien sûr, quand on peut, on les visite!
La visite
Evidemment, dès qu’on arrive, la première étape c’est laisser les gamins avec eux et s’enfuir pour un peu de temps de couple! (Presqu’une blague.)
Quand ils sont à la retraite (ou ont beaucoup de vacances), les grands-parents peuvent nous visiter dans notre pays étranger, eux aussi. Mon papa, grand voyageur, est le champion toutes catégories des visiteurs. Il est venu au Burkina Faso, au Pérou, au Kazakhstan et il attend impatiemment la prochaine destination. Chaque fois, les enfants sont trop contents, moi aussi, et ça fait des photos splendides avec le papi qui est toujours prêt pour l’aventure. Il ne reste jamais assez longtemps.
Longtemps, ça arrive à d’autres mamans que je connais; une amie a eu la visite de sa belle-mère pendant six mois!! L’appartement, pas très grand, était soudainement encore plus étroit… avec la maman africaine qui essayait de bien faire, de créer un lien avec ses petits-enfants malgré la barrière linguistique (pas évident d’entretenir une langue africaine orale alors que le couple ne parle ensemble que le français) et de donner un coup de main à la maison…
Evidemment l’adaptation aux façons de faire québécoises (ou étrangères) n’est jamais totale. Par exemple, la belle-mère de mon amie tenait à continuer de porter ses jolies robes, parce qu’une dame qui se respecte ne met pas de pantalons, mềme à -15°C !

De toute évidence, c’est plus facile à gérer, ces longues visites, quand on a un petit appartement attenant à la maison et que chacun a son intimité au besoin.
Les grands grands-parents
Deux fois, nous avons aussi profité d’une visite en France pour ajouter encore huit heure de route (tsé, rendus là…) et visiter les arrière-grand-papents. Tous étaient trop contents. En prime, l’arrière grand-père a un milliard d’histoires intéressantes qui ont rajouté de la diversité à l’imagination de mon « grand ».
Parenthèse, on avait apporté ses nouveaux cubes à histoire. Un jeu qui a fait fureur aver le papi! Note en passant, ça marche bien aussi pendant la préparation des repas puisque tu peux raconter une histoire sortie de ta tête tout en cuisinant.

C’est pas parfait…
Parfois, lors des visistes aux grand-parents, il y a des accros. Des règles différentes de la maison, qu’on ne connaît pas encore. De la fatigue (décalage horaire), de la maladie, des blessures. Des activités de grands auxquelles les petits n’ont pas le droit de participer. Trop d’excitation. Parfois il faut se coincer à six dans une toute petite maison. Et il faut laisser papi se reposer…

Mais chaque fois, les liens tissés avec « la vieille génération » valent la peine. Valent les petites crises qui seront bientôt chose du passé.
…mais presque
En grandissant, ils se souviendront seulement des supers jouets, de la super mini piscine et surtout des grimaces de championne de mamie. Des histoires et du jeu d’échecs de l’arrière grand papi. Des moments hors-la-loi passés à regarder la télé avec papi. Des fous rires, des jeux dans le jardin et du pain volé dans la voiture en revenant de la boulangerie.
On prend des photos, on en reparle, on raconte nos souvenirs, pour que ça reste.
Même quand on est loin!






