Quoi de mieux pour illustrer la diversité parentale que de partager le vécu d’autres parents de divers horizons culturels? Dans mon réseau, il y a plusieurs parents mixtes, expatriés ou immigrants. J’essayerai donc d’ouvrir une fenêtre sur leur vie à travers ce blogue, à l’aide d’entrevues !

Cette fois, j’ai interviewé un couple qui ne sont pas expatriés et qui sont nés au Kazakhstan, mais qui ont quand même des cultures très différentes.
Mariés à 25 ans après avoir été amis puis s’être fréquentés quelque temps, Dana et Maxim ont deux enfants: Diana, 9 ans, et David, 6 ans.
Bien qu’ils soient tous deux kazakhstanais, Dana est kazakh alors que Maxim vient d’une famille d’ethnicité russe. C’est commun dans plusieurs pays ayant fait partie de l’ex URSS. La population est environ 60% kazakh et 40% russe à Oskemen (Oust-Kamenogorsk en russe), qui était à la base un poste d’avancée militaire russe avant de devenir une ville industrielle kazakhe.
Le temps d’avoir des enfants
Même si leurs propres parents le sont devenus vers 20 ans, Maxim et Dana n’ont jamais senti de pression de leur part, au contraire. La mère de Dana recommandait plutôt d’apprendre à se connaître tous les deux, comme partenaires de vie, avant de devenir parents.
Toutefois, ils ont eu de la chance, car la société kazakhstaise en général est plutôt impatiente et on entend souvent les fameuses injonctions de type « Il est temps de vous marier! Quand allez-vous partir en famille? Maintenant il vous faut une fille / un garçon! »
De toute évidence, cette pression face à la nécessité se reproduire est un trait universel chez les humains !
« Bien sûr, Maxim et moi suivons notre propre rythme; nous croyons que c’est entre les mains de Dieu. » Dieu? Oui, mais lequel? Elle est Musulmane alors que sa famille à lui est chrétienne Orthodoxe. Evidemment, les parents étaient un peu inquiets … On y reviendra!
Un bedon (un peu caché)
Dana a eu de la chance, elle a eu de belles grossesses sans trop d’inconfort. Il faut dire aussi que sa santé générale est excellente, elle mange super bien, fait un peu de sport…ça ne nuit pas! Il lui semble qu’autour d’elle, la majorité des femmes n’ont pas trop aimé être enceintes. J’ai eu la même impression avec mon entourage; j’entendais plus souvent à quel point c’était inconfortable, contraignant et qu’elles avaient juste hâte que ça finisse.
Enceinte, Dana ne se souvient pas de restrictions alimentaires particlières. Il faut dire qu’elle mange déjà très peu de chocolat et sucreries, qui sont officiellement à éviter ici sous peine d’avoir un bébé avec une mauvaise peau (en plus des autres soucis de santé normalement cités comme diabète, grand poids, problèmes cardio-vasculaires, etc.)
De plus, les aliments interdits au Québec et en France comme les saucissons, les sushis, ou encore le lait cru, ne font vraiment pas partie du menu habituel kazakh.
Dans la tradition kazakhe, il est plutôt mal vu de montrer son ventre protubérant de manière ostentatoire. Sans devoir le cacher, les femmes ne vont pas particulièrement le montrer, surtout pas la peau! Heureusement, il ne leur est pas interdit de le montrer à la plage.
Au Burkina Faso, en revanche, je me souviens qu’il était absolument malpoli de mentionner la grossesse d’une femme, même évidente. Si on doit parler de leur poids, les femmes vont plutôt détourner le sujet en disant par exemple qu’elles ont mangé trop de riz… je crois que, selon leurs croyances, ça porte malheur de parler du bébé à venir.
Bienvenue dans la famille!
La tradition kazakhe observe la quarantaine du nouveau-né. Les nouveaux parents ne vont généralement pas sortir le bébé de la maison, ni le montrer à quiconque avant ses 40 jours.
La croyance veut que l’âme du nourrisson ne soit pas encore complètement entrée dans son corps; elle est donc faible et vulnérable. Un mauvais oeil pourrait donc facilement jeter un mauvais sort sur le bébé. Ainsi, seulement la famille proche est autorisée à regarder le bébé.
Je me souviens d’ailleurs que, peu après mon propre accouchement au Kazakhstan, je me faisais un peu faire des remontrances par les dames plus âgées dans la rue lorsque je sortais avec le bébé. De plus, la concierge, une dame kazakhe d’un certain âge, s’était caché les yeux lorsque j’avais voulu lui montrer mon petit trésor. Oups, autant pour moi, je ne connaissais pas encore ce détail!
Pour célébrer les 40 jours, une grande fête avec divers rituels est organisée, généralement à la maison. C’est aussi l’occasion de faire la première coupe de cheveux et d’ongles de l’enfant. Les retailles sont généralement conservées dans un joli emballage durable qui sera donné à l’enfant lorsqu’il ou elle sera adulte. Dana a été surprise d’apprendre que quelques familles russes suivent aussi cette tradition de ne pas couper les cheveux avant le 40e jour.

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Pour plus de détails (en anglais) sur cette fête, voici un joli article dont est issu la photo ci-dessus: KAZAKH TRADITIONS ON THE OCCASION OF BIRTH OF A CHILD
Bébé grandit…
Pour Dana et Maxim, comment s’est passé l’allaitement, la diversification alimentaire, le sommeil?
Et pourquoi leurs bébés ont-ils léché du cheval à trois mois??
A découvrir dans un prochain article!

