Le titre peut faire penser que je vais parler de maman fatiguée. De maman qui essaie de bien nourrir ses enfants en cuisinant de bons petits plats maison mais qui manque de temps et d’énergie. De comment éviter de recourir aux mets préparés. De comment arriver à ce que le père cuisine, lui aussi (sans changer d’homme.)
Et bien, non.
Il est question, aujourd’hui, tout bêtement de la source énergie qu’on utilise pour cuisiner.
Electricité
Au Québec, la majorité des foyers sont équipés à l’électricité dans leur cuisine. Quand j’étais jeune on avait tous les bons gros poêles avec les “coils”, les fameux éléments chauffants en spirale.

De nos jours, dans les endroits rénovés à tout le moins, les plaques en vitrocéramique semblent plus à la mode. Il paraît que c’est plus facile à nettoyer. Peut-être, mais j’avais personnellement moins de scrupules à laisser l’autre type de poêle à spirales s’encrasser un peu… alors que j’ai de la misère à bien gratter la vitrocéramique, moi qui éclabousse et fait déborder trop souvent mes chaudrons. En tout cas !

Au gaz
Quand j’étais petite, (je veux dire enfant, bien sûr, puisque je n’ai jamais été grande), j’ai passé plusieurs étés en roulotte et tente-roulotte. Je me souviendrai toujours à quel point j’avais peur des ronds qui faisaient du feu et qu’il fallait allumer avec une allumette… une cuisinière au gaz. Dans ce cas-ci, du propane je crois. Le principe est le même avec du butane ou du gaz naturel. Et c’est en fait une source d’énergie très commune pour la cuisson, semble-t-il, en divers endroits du monde.
Pas juste en camping.

D’ailleurs, chez mes beaux-parents (France) je cuisine au gaz. C’était le cas également quand j’étais au Honduras, au Pérou et au Burkina Faso.
Imaginez ma face quand je devais allumer, à l’allumette, le gril en haut du FOUR au gaz dans un de mes apparts !
La sécurité du gaz
Petite note sur le gaz; mettons que les normes de sécurité ne sont pas les mêmes partout… D’un côté, ma belle-mère qui ferme la valve du gaz (qui vient maintenant de la ville, je crois, sans réservoir chez eux), dès qu’elle a fini de cuisiner.
De l’autre, la bouteille de gaz propane toute rouillée fixée avec un tuyau à peine assez long pour la déposer au sol, juste à côté du poêle. La valve ouverte et fermée par l’installateur à coup de clé anglaise…
Dans au moins deux appartements, j’ai fait forer un trou dans le mur pour sortir la dite bouteille dehors… et installer une cage en métal avec gros cadenas, le tout bétonné dans le sol, pour éviter de se la faire voler!

Pas pareil
En tout cas, déjà que cuisiner c’est pas facile, s’adapter à plein de poêles et casseroles différentes (parce que t’habites dans des logements meublés et équipés) ET à des sources d’énergies variées, c’est pas simple! Il y a toujours un petit temps d’adaptation durant lequel ma bouffe est particulièrement souvent ratée, après avoir déménagé.
D’ailleurs, je viens ENCORE de déménager. J’y reviendrai. Et là, j’ai découvert les cuisinières à induction. C’est électrique, c’est vitrocéramique, mais c’est différent. J’ai dû mettre de côté la moitié des mes poêles et chaudrons parce qu’ils ne sont pas compatibles avec ce type d’élément. (Soyons honnêtes, la moitié de 4 c’est pas la fin du monde…) En tout cas, à date, ça me réussit bien, cette façon de cuisiner.
Sources alternatives*
Dans plusieurs pays plus pauvres, les femmes cuisinent (je généralise, mais on va se le dire, dans le monde familial y’a peu d’hommes qui cuisinent sur la planète) avec du charbon ou du charbon de bois. Pour les non initiés, ça a l’air à peu près pareil, mais le charbon est un minéral qui vient d’une mine et le charbon de bois est fabriqué à partir de bois qu’on fait brûler un peu, lentement, avec peu d’oxygène, jusqu’à ce que ça devienne du charbon.
Peu importe le type, le charbon, ça fait beaucoup de fumée, c’est pas facile à démarrer, ça pollue, ça contribue au déboisement. Et ça rend beaucoup de gens malades quand c’est utilisé en intérieur.
Dans d’autres pays, on utilise directement le bois. Souvent en intérieur, avec des fours qui ne sont pas optimaux et font, eux aussi, beaucoup de fumée nocive pour les habitants. D’ailleurs, les fours à bois pour la pizza et certains types de BBQ sont maintenant interdits ou fortement réglementés dans plusieurs grandes villes du monde.


Rayons
Et l’énergie solaire, dans tout ça? Il existe des fours solaires que plusieurs organisations essaient de promouvoir dans plein de projets de développement. L’objectif est de diminuer les coûts énergétiques pour les familles, réduire les maladies respiratoires, ainsi que limiter la pollution et les problèmes environnementaux liés au déboisement et aux mines.
Sauf que, ça pogne pas ben ben, les fours solaires. Les gens n’aiment pas trop ni cuisiner avec, ni manger ce qui en sort.

Le goût de l’énergie
En effet, le goût de la bouffe n’est pas le même selon comment c’est cuit! Un bon steak sur le BBQ… solaire, sans briquettes et sans fumée, ça vous inspire, vous? Il y a une bonne raison pour laquelle les pizzas dans les fours à bois sont meilleures… le bois!
Bref, en plus de s’habituer à cuisiner différemment, quand on change de source de cuisson il faut aussi parfois s’habituer à un goût différent.
*Sans être une experte mondiale reconnue, j’ai travaillé sur différents projets où la question de l’énergie pour la cuisson était présente. Je m’appuie donc sur mon vécu pour raconter tout ça.