On n’engraisse pas les petits cochons à l’eau claire. Sauf…

Si les petits cochons sont élevés à Oust-Kamenogorsk. Ou Rouyn-Noranda. Ou à peu près n’importe quelle autre ville du monde où la pollution est élevée.
Bref, n’importe où sauf le fin fond du trou du cul du monde en campagne, et encore, il peut y avoir plein de pesticides chimiques dans le sol…
Trop propres?
Je suis la première à me battre contre la propreté excessive. En effet, être trop propre peut avoir un impact négatif sur notre système immunitaire, comme le rapporte entre autres cet article du Devoir.
Le vieil adage…
On n’engraisse pas les petits cochons à l’eau claire. C’est une expression qui nous permet en tant que parents de relativiser quand ton enfant échappe sa bouffe par terre et veut quand même la manger. Ou quand il fait des biscuits dans le carré de sable et y goûte (surveillez quand même l’apparition de vers intestinaux dans ce cas…)
Ou quand il pense que les petites boules brunes sur la neige dans la cour dehors c’est du chocolat (et pas des crottes de lapin…) En passant cette anecdote c’est pas mes enfants, c’était mon petit frère à l’époque où y’avait encore souvent des lapins et lièvres en « ville ».
À laisser de côté
Bref, cet adage, leg du passé, devrait probablement prendre le chemin des oubliettes. Ou du moins partiellement. Il était adapté quand notre environnement n’était pas aussi pourri que maintenant.
Métaux lourds, perturbateurs endocriniens, touts types de polluants que je ne suis pas assez experte pour classer malgré mon background en sciences de l’environnement… ils sont partout!
Mais alors, pas évident de trouver l’équilibre entre protéger les enfants des toxines et contaminants et éviter d’être trop propre!
Comment réduire l’exposition de la famille?
Tout de même, il y a plusieurs conseils qu’il est utile de connaître. Le gouvernement français en a fait un site assez bien fait, https://www.1000-premiers-jours.fr/fr.
En tout cas, de mon côté je comprends mieux maintenant pourquoi dans plusieurs pays je me fais engueuler quand je pose mon sac à dos par terre. Je vois aussi mieux l’intérêt de balayer la maison quatre fois par jour comme au Burkina Faso.Et de constamment épousseter.
Le lavage des mains avant la collation au parc est déjà un must, qu’ honnêtement j’avais tendance à souvent négliger… Évidemment, ne pas vouloir laisser mes gamins bouffer du plomb, du cadmium et de l’arsenic est une bonne motivation à être plus rigoureuse.
Le cas de l’arsenic
Parlant d’arsenic, il y a eu un scandale de contamination dans les dernières années à Rouyn-Noranda à cause de la fonderie Horne. Le gouvernement a émis des recommandations à l’intention des citoyens de la ville qui vivent dans la zone affectée, dans un document disponible ici.
Il s’agit principalement de plus de nettoyage pour enlever les poussières contaminées des surfaces auxquelles sont exposées les enfants, ainsi que de nettoyage de mains et jouets des enfants.
Quand j’ai montré ces recommandations ici, mon amie maman inquiète de la pollution me dit « mais tu sais ce sont des choses évidentes qu’on fait déjà. Il n’y a rien de nouveau ou d’intéressant là-dedans! »
Eux ne suivent pas le fameux adage des cochons…
Une chose est sûre en tout cas, les recommandations ne sont pas suffisantes et il faut que la source de pollution soit tarie. Mais alors ça, c’est une autre histoire et une autre bataille contre un géant minier !
Des substances sournoises
Les métaux lourds (et plein d’ autres contaminants!) sont sournois. On en retrouve à plein d’endroits, comme l’eau… et ils sont inodores, incolores et sans goût. Quand j’habitais à Lima, j’avais acheté le un filtre domestique contre l’arsenic. On prenait aussi certaines mesures comme:
– éviter les abats de viande et volaille;
– limiter les cannages et bien rincer ceux qu’on consommait;
– faire tremper le riz la veille, laver plusieurs fois et cuire à grande eau. Le riz brun contient plus de contaminants que le blanc
– Ne jamais chauffer de plastique au micro-ondes
– Ne jamais laisser le contenu des cannages dans la boîte de métal au frigo, toujours transférer dans un contenant idéalement de verre;
– Payer plus cher pour des jouets de bébé de qualité homologués en Europe par exemple (en passant ça n’exclut pas la présence de certaines substances comme les phtalates)
On aurait dû aussi:
– Éviter le poulet industriel
– ne manger aucun thon et limiter les poissons gras
La peur de la contamination
On avait même fait tester les cheveux du petit loup et paniqué en voyant les résultats (technique finalement contestée et considérée peu fiable). On a fait tester son sang en partant; mais ça indique la contamination récente seulement, pas l’exposition depuis plusieurs mois. Et comme on était confinés depuis trois mois, il ne sortait pas jouer au parc ou marcher le long du boulevard plein de gaz d’échappement des vieilles voitures pourries ! Les résultats rassurants ne disaient donc rien sur son exposition antérieure.
Malheureusement, faire tester les ongles n’est pas facilement disponible et semble réservé aux études mises en place par des chercheurs ou le gouvernement.
Et au Québec?
Même au Québec, la contamination est présente. Par exemple, une carte des terrains contaminés, souvent en ville et près des quartiers résidentiels, ici, a été publiée il y a quelques années dans un dossier du journal Les Affaires. De plus, si vous avez un puits à la maison et ne l’avez pas fait tester depuis des années, vous devriez peut-être réévaluer cet investissement dans votre santé….