Panne de courant? Chauffe-eau qui brise? C’est la panique !!! Pas de douche pendant trois jours!
Et pourtant, la plupart des gens sur Terre n’ont juste pas d’eau chaude disponible au bout d’un robinet comme nous en avons l’habitude. C’est un luxe extrême qu’on prend pour acquis dans la plupart des pays industrialisés.
Au Québec et en France, comme dans d’autre pays riches, les gens ont l’habitude d’avoir des chauffe-eau personnels, domestiques, dans nos logements. Maison ou appartement, d’ailleurs. Donc mis à part un bris soudain, en général l’eau chaude ne manque jamais.
L’autre jour je prenais une marche en ville et je me suis retrouvée dans l’arrière-cour d’édifices où passaient d’énormes tuyaux. Ce sont les tuyaux qui amènent l’eau chaude.
Eau chaude centralisée
Ici à Ust-Kamenogorsk, et probablement dans d’autres villes du Kazakhstan aussi, l’eau est chauffée dans une centrale thermique (au charbon) pour l’ensemble des besoins de la ville et distribuée dans des réseaux qu’on peut voir au-dessus du sol la plupart du temps. Incidemment, lorsqu’il y a de l’entretien à faire sur ces réseaux, l’eau chaude est coupée. Généralement avec un avis, en russe, plaqué quelque part à l’entrée des immeubles…


L’an dernier, l’affiche disait « Attention, l’eau chaude sera coupée du 9 juin au 13 juin ». Nous n’avons pas eu d’eau chaude… à peu près du 5 jusqu’au 30 juin. Suite à quoi l’appartement du dessous a effectué des rénovations et notre eau froide a également été coupée dans la cuisine pendant… je ne sais plus, 2 ou 3 fins de semaines, plus quelques jours ici et là, sans préavis! Mais ça c’est une autre histoire.
Dans les appartements plus récents et plus luxueux, il y a souvent un chauffe-eau d’appoint qu’on peut allumer justement lors de ces coupures. Quand même plus pratique que de faire chauffer l’eau du bain pour les enfants tous les soirs comme j’ai dû faire pendant trois semaines! (chapeau à nos mamies qui l’ont fait tout le temps pour 10 enfants.) Au niveau énergétique (et économique), je présume que d’avoir le chauffe-eau allumé pendant ces trois semaines utilise pas mal plus d’énergie que le chauffage ponctuel d’un ou deux chaudrons.
Pas d’eau chaude dans les maisons
Dans la plupart des pays en fait, il n’y a pas nécessairement d’eau chaude dans les maisons. D’ailleurs on se rappellera que c’était comme ça chez nous, avant. Nos arrière-grand-parents s’en rappelleront.
Au Honduras, à l’époque, j’avais ce qu’on appelle une « suicide shower ». C’est un pommeau de douche chauffant, généralement branché directement à des fils qui dépassent du mur de la salle de bain. Ca ne s’appelle pas douche suicide pour rien; l’électricité étant souvent mal faite, les fils peuvent être à nus, voire éventuellement se toucher…dans la douche…mouillée… allô l’électrocution!! Dans le reste de l’appartement je n’avais pas d’eau chaude. J’en faisais donc chauffer occasionnellement pour laver la vaisselle la plus sale, sinon c’était à l’eau froide.

Au Burkina Faso (2015) et au Sénégal (en 2003) il n’y avait aucune eau chaude dans les logements où j’ai vécu, sauf encore une fois chauffée sur la cuisinière ou à la bouilloire. Donc, douche à l’eau froide la plupart de l’année. En saison plus fraîche, quand la nuit descendait à 12-15 degrés, je me faisais chauffer un chaudron d’eau et me lavait au seau. Accroupie au sol, avec une petite tasse utilisée pour se verser l’eau dessus. A l’africaine, quoi. Normal.
Se débrouiller normalement
Pour nous qui sommes habitués à l’eau chaude en tournant un robinet, on se dit « wow on est bons de se débrouiller! » Pour beaucoup de monde, c’est juste leur normalité. Ils font ces gestes sans y penser. Et à voir l’état de chaudrons après y avoir cuisiné un bon riz gras, je me dis que c’est possible de TOUT laver à l’eau froide… mais peut-être avec plus d’huile de coude et un savon moins doux!