
La sécurité, c’est une notion toute relative. Ce qui explique que les règles soient bien différentes, et plus ou moins sévèrement appliquées, d’un pays à l’autre et d’une compagnie aérienne à l’autre.
Même quand il est question de s’attacher en avion, ça peut devenir confus et frustrant. Surtout quand tu voyages avec un tout-petit!
Et vous, à quel point êtes-vous attachés aux règles en avion? Moi en tout cas, je viens de prendre une débarque en réalisant le fossé entre les recommandations canadiennes et européennes pour les nourrissons!
Les règles existent pour une bonne raison
Comme beaucoup de québécoises, j’ai été élevée en suivant la notion qu’il faut respecter les règles. On m’a inculquée l’idée que c’est important, qu’elles sont là pour une raison. Mes parents, plutôt pédagogues (ma mère était prof quand même!), ont toujours été très bons pour expliquer le comment du pourquoi derrière chaque règle. Et ce, à la maison comme ailleurs.
Logiquement, j’en suis venue à croire (bien naïvement, je constate aujourd’hui!) que TOUTES les règles existent pour une bonne raison. TOUTES. Pas juste pour emmerder le monde, malgré ce qu’on en pense parfois à première vue. J’ai même souvent défendu bec et ongles des règles sans nécessairement en comprendre la logique, en me disant que c’est moi qui était stupide de ne pas comprendre le comment du pourquoi, que quelqu’un pourrait sûrement me l’expliquer…
Apprendre à briser les règles
Puis, j’ai été confrontée «au vrai monde», hors de ma bulle familiale et scolaire. Et, dans le monde, le monde respecte généralement peu les règles. Très peu.
En plus, dans le monde, il existe beaucoup, beaucoup de règles créées pour des exceptions mais appliquées à tous et qui, en conséquence… sont pas mal là juste pour emmerder la majorité.
Tranquillement, j’ai commencé à en briser quelques-une moi aussi. Et à me rendre compte que, souvent, elles ne sont dans les fait pas si strictes ni nécessaires que ce que je pensais, plus jeune**. Je ne suis pas devenue anarchiste, loin de là. Mais disons que je relativise!
Mais je m’égare, c’est un blogue familial, pas philosophique.
Xулиган
(хулиган = hooligan, utilisé au sens large au Kazakhstan pour parler de petits voyous)
Ça a commencé par des petites choses, mais qui parfois te sauvent la vie (ok, parfois juste la soirée…) en tant que mère.
Là, vous vous dites: Non mais allez arrête le blabla, dis-nous ce que t’as fait de mal, ancienne enfant modèle!!

Hier, en avion, je me suis levée malgré le voyant lumineux indiquant d’attacher sa ceinture. J’ai attrapé une couche dans la valise placée dans les compartiments en haut de mon siège. J’ai ensuite poursuivi ma délinquance jusqu’aux toilettes, à côté de l’équipage, pour changer les fesses pleines de caca du petit mousse et lui donner une chance de s’endormir. Le tout en ne baissant pas les yeux face au pictogramme lumineux dans les toilettes m’indiquant de retourner à mon siège. Quelle audace, j’étais fière de moi!
Le comble, j’ai ensuite allaité et laissé dormir le mini humain sur mes genoux, pas attaché, pendant trois heures, le signal de ceinture toujours allumé.
Ce vol-ci a été pas mal plus reposant que le dernier, où il hurlait à plein poumons parce que je devais l’attacher seul sur son siège vu que le signal était constamment allumé, dans un vol de 7 heures… sans aucune turbulence pourtant. Oubli de la part de l’équipage? Pilote particulièrement précautionneux qui le fait allumer dès la moindre menace de turbulence? En tout cas, c’est clairement une pratique de plus en plus répandue chez une multitude de compagnies aériennes depuis quelques années. Le voyant étant toujours allumé, moins de gens se baladent dans les allées… sauf ceux qui osent le défier, sans aucune réprimande de la part des agent.e.s de bord.
Parent irresponsable?
Le voyant de ceinture est allumé en vol, normalement, lorsqu’il y a des turbulences. C’est parfois frustrant avec un petit qui ne contrôle pas bien ses sphincters, mais mieux vaut une culotte souillée qu’une tête fracturée! Ce qui m’enrage c’est quand le voyant est constamment allumé sans turbulences ou autre raison apparente; tout le monde se lève pareil et le staff ne dit rien. C’est ce qui est arrivé hier et j’ai donc jugé que le risque d’accident était faible comparé au risque que le petit ne s’endorme pas avec sa couche souillée et nous fasse passer un vol de 6h de nuit d’enfer.
Règles contraires et… arbitraires?
Toutes les jeunes familles qui voyagent le savent; un petit peut voyager sur les genoux d’un parent jusqu’à ses 24 mois révolus. Oui, oui, les papas, le petit humain a le DROIT d’être sur les vôtres, mais le message ne doit pas s’être rendu… En tout cas je n’ai à ce jour toujours pas observé de bébé passant la majorité du vol sur son géniteur masculin.
Bref. Déjà, je suis irritée par la limite d’âge et non de taille et poids. Je présume que c’est une question économique et non sécuritaire. Parce que les ceintures de sécurité dans tout type de transport, c’est basé sur la taille et le poids, pas sur l’âge. Bien sûr, je comprends partiellement les complications liées à la vérification de la taille et du poids de l’enfant lors de l’enregistrement. Ceci dit, il y a déjà une balance pour les bagages.
Ceinture ou pas?
Justement, sur la question de la ceinture de sécurité: avez-vous remarqué que les compagnies aériennes canadiennes sont pratiquement les seules à ne pas fournir de ceinture de taille s’accrochant à celle de l’adulte, pour les nourrissons? A la lecture des différents manuels (Transport canada, Agence européenne pour la sécurité aérienne, Organisation de l’aviation civile internationale), il semble qu’il est reconnu que, comme lors d’une collision de voiture, il est impossible physiquement pour un parent de retenir un nourrisson tenu dans ses bras lors d’un crash ou très forte turbulence soudaine. D’un autre côté, Transport Canada ne recommande pas l’utilisation des ceintures de taille pour les bébés à cause des risques de contusion interne (la ceinture passe en réalité le plus souvent sur le ventre, pas sur les os des hanches, ce qui pose de sérieux risques pour les organes internes).
Conclusion? Le nourrisson n’est réellement protégé dans l’avion, au même niveau que les autres passagers, que dans un siège adapté (siège d’auto homologué pour l’avion). C’est d’ailleurs ce qui est recommandé par toutes les agences. Mais entre vous et moi, le confort (surtout avec un bébé allaité) et l’économie d’un siège quand bébé est sur les genoux l’emportent généralement sur les risques d’un éventuel crash !

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Pour la petite histoire
En tout cas, j’ai été agréablement surprise et soulagée quand, dans ce dernier vol où j’ai laissé mon bambin (2 ans et demi, seulement 10,5kg et toujours allaité) dormir sur moi, une agente de bord (Air Astana) m’a proposé une ceinture pour nourrisson pour la descente et l’atterrissage, question de le laisser dormir encore trente minutes. Ca contrastait complètement avec l’attitude des agentes de bord d’Air Canada d’un vol précédent qui exigeaient que le petit soit assis seul sur son siège (duquel il ne me voyait pas), même pendant le retard sur le tarmac, au lieu de me laisser le prendre sur les genoux comme un nourrisson pour cesser les hurlements alors qu’il n’avait que 26 mois (et un petit 10kg!)
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**Pour débattre avec moi sur l’importance des règles pour la bonne marche de la société, je vous invite à me contacter pour une bière, ou deux…