Il y a des voyages qui sont plus intéressants que d’autres pour les enfants. Shymkent (Chimkent, Шымкент) n’en est pas vraiment un… mais avec un peu d’imagination, de la patience (hum hum), le sens de l’aventure et des frites, on peut tout faire passer!
Des yourtes

Du 21 au 23 mars, pile pour l’équinoxe du printemps, se tient Nauryz, la fête…du printemps. C’est aussi, le 24 je crois, le nouvel an traditionnel kazakh, tradition qui viendrait en fait des Perses.
Nauryz est une des plus importantes fêtes de l’année; à cette occasion des yourtes s’érigent partout, dans lesquelles ont lieu des séances photos en habits traditionnels, des expositions et des repas pour les VIP. On en voit dans les grands parcs des villes et aux abords d’édifices, souvent académiques ou du gouvernement. On peut parfois y entrer, mais à part le fait qu’il y a plein de pompons qui descendent du plafond, rien de bien excitant pour un gamin de 3-4 ans!
Il y a aussi une espèce de grosse balançoire traditionnelle autour de laquelle il semble que les jeunes en âge de flirter se retrouvent pour passer le temps… Joli et impressionnant (malheureusement je n’ai pas testé !) mais encore une fois inadéquat pour un bambin. Heureusement ça amuse un peu de voir les habits colorés et observer les gens danser au son de la musique kazakh trop forte.

Nous avons beaucoup marché d’un endroit a un autre, question de voir la ville de Shymkent au passage. Le porte-bébé ET la poussette pour le plus grand se sont avérés bien pratiques. Pourtant, la majorité des mamans ici se promènent sans ça; elles portent souvent le bébé à bras et n’ont généralement même pas de sac (à couche…). Ça me rend complètement perplexe.
Quoi faire, où aller?
Particularité du pays, l’information concernant les activités au programme est excessivement difficile à trouver. Cette fois ça ne semble pas être une histoire de langue; même un monsieur guide de l’office du tourisme nous a envoyé au stade municipal pour voir des activités équestres alors qu’une fois sur place on s’est fait dire qu’il n’y avait eu aucun cheval là!
D’où la nécessité du sens de l’aventure et la capacité de changer les plans à tout moment, même avec deux jeunes enfants, à 5 degrés et sous la bruine.

Pour les familles
Il y a quand même toujours des activités familiales quelque part durant les festivals. Ici comme ailleurs, ça tourne généralement autour de stands de bouffe, manèges, barbe à papa et ballounes gonflées à l’helium.
Sur la place centrale se côtoient shashliks (brochettes), riz pilaf, plein de petits et gros gâteaux, les « baoursaks » (petits beignets ronds et frits) et le fameux « kojé », коже, de Nauryz. C’est une boisson qui fait plutôt soupe avec ses pâtes molles, bouts de légumes et patates dans un bouillon au lait fermenté. Haut-le-coeur garantit si vous n’avez pas l’habitude du goût fermenté!
Petits ajouts locaux, possibilité de tours à cheval, poney ou chameau laineux, pourquoi pas! Et ils mettent les tout-petits dessus, hein, peur de rien!

Gros riz pilaf! 
Des « châteaux » et des ruines
Après notre passage en France et en Grèce, petit loup connaît les châteaux et les ruines. À Shymkent et un peu plus loin, à Turkestan, nous avons visité des mausolées musulmans, une ancienne citadelle fortifiée avec d’énormes sculptures de guerriers kazakhs et des ruines d’anciennes cités. Là au moins petit loup pouvait courir, s’amuser sur les fortifications et s’émerveiller devant ces « chevaliers » géants.
La route de la soie
La fameuse grande route de la soie passait par le sud du Kazakhstan jusqu’au 14e siècle. C’est assez fou de se retrouver dans les vestiges de ces oasis où les caravanes de marchandises s’arrêtaient pour se reposer et faire des affaires! Plutôt surprenant pour nous, les sites visités se concentrent vraiment sur l’Histoire et la culture et il n’y a pas 56 000 vendeurs de souvenirs et babioles. Peut-être parce que c’est l’hiver… je ne sais pas! En tout cas, on n’a pas rapporté de soie!

