Le premier jour s’était bien passé, comme je l’ai raconté ici. Le 2e jour d’école (j’abuse, c’est juste un petit groupe de préparation à la garderie) de mon petit loup a été riche en émotions. L’heure de classe a été composée de 5 % de jeux, 10 % de reniflements assis dans la salle d’attente et 85% de larmes, pleurs et hurlements accompagnés de sauts de rage.

Petit loup avait les pinceaux tout emmêlés. Dans sa tête, c’était la pagaille, ses émotions étaient sans dessus-dessous ! (ref. Monstre des couleurs…)
Les pleurs
Ça m’a rappelé que dans la plupart des sociétés, on ne pleure pas en public. Encore moins un garçon. Même un garçon de tout juste 3 ans. De fait, l’institutrice, très gentille et qui faisait son possible pour détourner son attention et lui proposer d’autres activités, répétait aussi sans cesse « Ne pleure pas, ne pleure pas…»
Accepter, ou pas, les pleurs
Je ne suis pas psy et je ne vais pas essayer de chercher de midi à 14h le comment du pourquoi on semble si mal à l’aise face à quelqu’un, même tout petit, en larmes. Il y a sûrement des lectrices plus férues que moi sur la question! Ce qui est sûr c’est que tout le monde souhaite que l’enfant aille mieux, et vite!
Gérer les pleurs
Les connaissances occidentales actuelles sur le développement émotionnel des humains indiquent qu’il est préférable de reconnaître et répondre aux émotions, les nommer, les identifier pour mieux les comprendre et les gérer. Surtout ne pas en diminuer l’importance! L’enfant vit de gros trucs même si ça semble trivial à un adulte. Donc, dire « c’est pas grave » ou « c’est rien, arrête de pleurer », ça peut être interprété par leur petit cerveau comme le fait que ce qu’ils vivent n’a pas d’importance pour nous… ouch.
Le site français Les pros de la petite enfance fait un bon résumé des connaissances sur le cerveau des enfants et leurs émotions. C’est ici, la page « Les découvertes sur le cerveau : essentielles pour mieux comprendre le jeune enfant »
On y lit, entre autres:
« Avant 5 à 6 ans, l’enfant ne peut contrôler seul ses émotions, son cerveau supérieur n’est pas encore mûr et ses tempêtes émotionnelles (joie, tristesse, peur) ont toujours besoin d’être accompagnées par un adulte bienveillant, empathique, maternant, affectueux. »
« Un enfant dont l’émotion est ignorée ou incomprise va développer un état de stress qui active l’amygdale cérébrale-centre de la peur- et provoquer la sécrétion de cortisol et d’adrénaline, toxiques pour la santé psychologique et motrice:.» En clair, il risque de se transformer en psychopathe peu sportif qui même à 50 ans ne gèrera pas ses émotions. J’abuse peut-être encore…en tout cas!
Les pleurs ailleurs
Je me souviens au Sénégal et au Burkina Faso avoir vu plusieurs petits enfants se manger une claque pour les faire arrêter de pleurer. Quoique, ils en recevaient pour tout et n’importe quoi, rien me dit que c’est parce qu’ils pleuraient… Au Pérou, je n’ai pas remarqué pour les enfants plus vieux. Par contre, mon bébé qui pleurait dans sa poussette était absolument insoutenable pour le commun des mortels. Ainsi, toutes les femmes que je croisais de près ou de loin dans la rue venaient se pencher sur lui pour lui faire des shhh shhhh, lui dire « no llores, no llores » et ME dire ( avec un regard accusateur non-mais-t’es-donc-ben-une-mauvaise-mère) quoi faire pour qu’il arrête de pleurer. C’était fatiguant mais en toute honnêteté des fois leurs conseils étaient bons! Faut dire que petit loup pleurait beaucoup, beaucoup; bébé. Contrairement à d’autres, la poussette semblait un calvaire pour lui (merci reflux!) au point où parfois je n’avais juste pas l’énergie de le sortir et d’affronter toutes ces mamies accusatrices pleines de bonnes intentions.
Concrètement, je réagis comment?
Quand il pleure, moi je lui fais un câlin. Il les réclame souvent entre deux pleurlements (pleur et hurlement, tsé?) J’attends que ça passe. J’évite de trop parler parce que son cerveau overloadé d’émotions capte rien, de toute façon. Et quand il est prêt, au besoin on discute. Genre s’il a fait quelque chose de pas bien.
Et à la garderie?
L’institutrice, je ne sais pas ce qu’elle devrait faire; ils ne se connaissent pas encore assez pour les câlins et bisous!
Selon le site Les pros de la petite enfance:
« Que ce soit par un geste ou par un mot, l’essentiel c’est de faire preuve d’empathie en permettant à l’enfant de comprendre son état. Par exemple, quand un enfant tombe et pleure, lui dire que ce n’est rien et qu’il va vite sécher ses larmes c’est comme parler une langue qu’il ne comprend pas ; lui dire « As-tu eu peur ? Je vais voir ce que tu as et vais m’occuper de toi» et lui montrer toute votre affection engage l’enfant à entrer en connexion avec l’adulte.»
L’institutrice, elle trouvera bien. Le petit va s’habituer. Eventuellement, y’aura moins de crises… De toute façon il va continuer de se faire dire de ne pas pleurer, parce que c’est comme ça en société. C’est la vie, en dehors de la maison les choses sont souvent pas comme on voudrait!
Vous, vous leur dites de ne pas pleurer, à vos petits? C’est quoi vos trucs pour consoler et/ou calmer? Avez-vous d’autres exemples de réactions dans d’autres cultures?
Très bel article. Il faut vraiment reconnaître davantage l’importance des émotions des enfants.