Pour lire la première partie sur la famille de Mia, les anecdotes sur sa grossesse et l’arrivée de sa première fille, c’est ici!
Choquant !
Là où vous habitez présentement, est-ce qu’il y a des choses (en tant que parents) très différentes de votre pays d’origine?
Élever une gamine en pratique
Sommeil
En Afrique du Sud, dans les communautés noires, il est normal pour les bébés de dormir avec la maman. Comme dans la majorité des familles du Kazakhstan aussi. Et le papa? “J’avoue que je n’ai aucune idée d’où le papa est supposé dormir!” Dans la communauté blanche, les bébés dorment plutôt (officiellement j’imagine, comme au Québec…) dans un lit à barreaux. C’est là que les deux filles de Mia ont dormi dès leur naissance. “Je suis très reconnaissante de n’avoir eu aucun problème de sommeil; elles ont bien dormi dans leur lit!” ( Prenez note que la première a été allaitée en formule mixte avec le lait maternisé jusqu’à 4-5 mois et la seconde a été allaitée mixte jusqu’à 2 mois, puis nourrie seulement au lait maternisé.)
Pour endormir un bébé, justement, quoi de mieux qu’une jolie mélodie? Le papa n’étant pas trop chanteur, les quelques berceuses en bulgare qu’ont entendues les filles viennent de leur grand-mère. Et seulement deux! Il semble que dans cette famille, (peut-être en Bulgarie en général?) les chansons et comptines pour bébés n’ont pas trop la cote… En anglais par contre, Mia en connaît une pléthore!
Une différence majeure entre les habitudes de Mia et celles des familles du Kazakhstan concerne le sommeil des enfants. Beaucoup de cododo ici, et surtout, ils vont au lit très tard. Il est commun même pour un tout-petit de se coucher vers 23h, voire minuit! Ils compensent souvent avec une sieste de 3h dans l’après-midi… La nounou kazakhstanaise était horrifiée que Tashy, bébé, aille au lit à 18h !
Ne pleure pas
Un aspect troublant de la vie publique au Kazakhstan est que personne ne laisse pleurer les enfants. Jamais, pour ainsi dire. “En Afrique du Sud, on laisse les enfants s’époumonner au besoin…On considère normal, par exemple, qu’ils pleurent quand on les laisse à l’école les premières fois. Les éducateurs ne s’en formalisent pas et savent gérer! » Ici, j’en ai parlé dans l’article Ne pleures pas, tu te fais regarder avec des gros yeux et même aborder avec des questions si ton gamin émet le moindre sanglot.
Comment ils font pour que les gamins ne pleurent pas? Ils sont a priori pourtant « bien élevés », donc j’écarte l’hypothèse du laisser-faire. “They give them a phone”, avance Mia. Ce qui nous fait nous demander comment les parents faisaient avant l’arrivée des smartphones; est-ce que la tolérance pour les pleurs était plus élevée alors?
Allô docteur!
La première visite chez le pédiatre au Kazakhstan a été un choc; tout semblait très différent. La pédiatre a même carrément dit à Mia qu’elle faisait tout de travers! (Après la belle-mère, ça commence à faire beaucoup!!) Parfois quelques conseils sont utiles (mais pas adaptés à notre situation d’expats); par exemple de ne donner que des légumes et fruits du village, de même que le poulet. La raison étant que ces produits du village contiennent normalement moins d’hormones, engrais et pesticides. Bonne idée, mais on n’a souvent pas de réseau de connaissances qui nous permette de trouver ça au village et on se rabat donc sur les supermarchés!
Autrement, c’est vrai que globalement on a tendance à faire moins confiance aux professionnels de santé ici que chez soi. Lorsqu’on a une bonne assurance, on a souvent accès à des consultations à distance avec des docteurs “de chez nous” et parfois, ça rassure…
Pourtant, étant généralement plus aisés financièrement que la moyenne des habitants, on a aussi la chance d’avoir accès aux cliniques privées. En fin de compte, ce qui aide vraiment, c’est d’avoir des amis et des groupes d’expatriés sur les réseaux sociaux à qui demander conseil pour les bonnes adresses! On s’échange les numéros des docteurs et autres ressources lorsqu’on trouve une perle (ou quelqu’un de pas si mal…)
Les saisons
Pour sa première fille, Mia n’avait jamais connu les joies des foutus habits de neige l’hiver. A son retour au Kazakhstan avec son bébé de quelques mois (elle a accouché en Afrique du Sud), elle n’avait donc pas planifié de vêtements très chauds. Elle pensait juste enrouler le bébé dans plusieurs couvertures chaudes et hop dans la voiture. Quand le chauffeur qui est venue la chercher par une première journée de grand froid l’a vue faire, il l’a carrément engueulée… Probablement, en russe, l’équivalent de » Mais veux-tu ben m’dire kossé tu fous là toé?! « … puis l’a amenée au magasin et l’a aidée à trouver un habit approprié. Ouf !

La place du papa
Même si les papas s’impliquent de plus en plus dans à peu près tous les pays du monde, la réalité reste que c’est généralement sur maman que repose la gestion familiale. Angel a absolument adoré devenir papa. Il avait à l’époque un travail moins exigeant que maintenant. Il avait le temps de s’occuper de la petite avant le réveil de la maman, et aussi le soir pour le bain et la routine du coucher.
L’apprentissage des B-A-BA des soins d’un bébé a tout de même été raide: la première fois qu’il a été seul avec sa fille, il a appelé Mia en totale panique après un certain temps car il n’arrivait pas à faire cesser ses pleurs. Après une courte discussion, Mia lui demande s’il a changé sa couche. Silence au bout de la ligne…. Il ne savait pas qu’il devait faire ça ! (et après on continue d’empêcher les petits garçons de jouer à la poupée pour se pratiquer à être papa… pauvre eux!)
Angel a aussi adoré donner le biberon… mais…. “Il ne s’est JAMAIS réveillé en plein milieu de la nuit pour le faire!”
Langue maternelle ou paternelle?
On ne dit pas « langue maternelle » pour rien. Mia parle anglais (et assez bien russe maintenant), lui parle bulgare (sa langue maternelle), anglais et russe (depuis leur arrivée au Kazakhstan). Ils ne parlent qu’en anglais aux filles. Le papa avait toujours dit qu’il aimerait que les filles apprennent le bulgare; mais il leur a finalement toujours parlé en anglais. Pas facile de gérer plusieurs langues à la maison, surtout quand les deux parents ne les parlent pas toutes!
Ressources parentales
Quelles sont (ou qui!) vos principales sources de conseils pour les soins et l’éducation de vos enfants?
Sans aucun doute, le tissu social et nos relations jouent vraiment un rôle important dans la parentalité. Par exemple, la source majeure de support et d’information maternelle pour Mia sont les beaux-parents de sa plus jeune soeur! Famille de pasteur, dont la femme est retraitée, cette merveilleuse femme a même voyagé pour venir soutenir Mia lors de la naissance et des premiers mois de la seconde fille de Mia. Elle a aussi déjà gardé la plus vieille plusieurs jours d’affilée à un moment crucial!
Fréquemment, Mia l’appelle pour des conseils. En bonus, cette dame n’attend pas qu’on lui demande de l’aide, elle semble toujours aller au-devant des besoins. Comme quoi la famille, parfois c’est celle qu’on choisit!
Bien sûr, les grands-parents sont toujours source de conseils divers; mais le plus difficile avec eux c’est la distance, ils s’ennuient de leurs petits-enfants, et c’est bien réciproque! « Maman, on peut aller voir Mamie aujourd’hui? » demandent de temps en temps nos petits de trois ans…





