
Maman, qu’est-ce qu’on mange?
Cette question survient dans à peu près toutes les familles, au moins 5 fois par jour. Sauf, peut-être, dans ces pays où les menus sont très peu variés et encore… je suis certaine que même s’il n’y a que trois plats différents, la question de ce qu’on mange aujourd’hui se pose tout de même !
Quand on change de pays, on change souvent de climat. Et donc d’agriculture. Souvent, on change aussi de relations économiques liées à l’importation; donc, on change de produits disponibles! N’étant pas une excellente cuisinière, je dois avouer que je ne réussis pas trop à adapter ma cuisine à celle des natifs du pays où je débarque. Question de goût aussi, on a nos petites habitudes et les enfants aussi!
Je ne vais pas faire une liste des plats typiques de chaque pays, mais je vais ici tenter de présenter les produits de base qu’on retrouve et qui me permettent, moi, de cuisiner à peu près « comme à la maison ».
Les incontournables
De façon générale, on trouve partout: patates, tomates, poivrons, carottes, oignons, concombres, boeuf, poulet, porc, pâtes, riz blanc. Et sûrement plein d’autres choses que j’oublie, incluant les épices les plus communes. Et les bouillons-cubes (horreur! hihi), même si la marque peut changer.
Ce qui est impressionnant, c’est la variété de plats différents qu’on peut faire avec ces quelques ingrédients de base et des épices variées.

Autrement, on arrive généralement à trouver à peu près tout (voir la section sur ce qu’il manque), mais pas toute l’année, pas tous les jours en saison, et pas chez tous les marchands! Je ne vais pas trop aborder le sujet des produits transformés ici; j’ai déjà un peu parlé de leur disponibilité variable dans mon article sur le « meal prep ». Sachez que oui, je trouve du beurre de peanut ici, souvent appelé « american peanut paste » et provenant… de Chine. De plus en plus j’en trouve même du 100% naturel!
La viande et les substituts
Qu’est-ce qui est le plus souvent à votre menu? Le moins souvent? Je ne peux pas parler au nom des habitants locaux, mais je peux m’avancer sur certaines particularités au vu de ce que je trouve facilement au marché ou à l’épicerie.
Au Kazakhstan, par exemple, la viande de cheval et de mouton sont plutôt populaires. Le boeuf et poulet sont évidemment encore plus communs. Il y a aussi beaucoup de viandes et poissons séchés (type jerky) qui se vendent tout près du rayon de l’alcool… Les poissons frais sont une denrée rare; c’est presque toujours congelé, séché ou fumé. Ça se comprend vu l’éloignement des océans! On trouve du porc chez les marchands non musulmans, une panoplie assez ahurissante de saucisses et mortadelle (pensez baloney) assez bas de gamme, mais très peu de saucisses de type « italienne », à faire griller sur le BBQ…. ils gagneraient à les découvrir, eux qui sont fans de BBQ!
Au Pérou, du moins dans la capitale à Lima, c’était franchement le paradis culinaire. Autant dans les marchés que les restaurants, il y en avait pour tous les goûts! Sans aucun doute leur plat emblématique est le ceviche, du poisson «cru» mais « cuit » dans l’acidité du jus de citron. Les haricots de toute sorte étaient souvent présents dans les plats, généralement en accompagnement de viande.
Au Burkina Faso, on trouvait de tout, le porc étant encore une fois un peu moins populaire vu la quantité de musulmans. Le mouton grillé servi avec des petits oignons et du piment (fort) dans un papier de boucher était un délice à grignoter entre amis avec une petite baguette de pain blanc. Le « poulet télévisé » est une autre particularité de la place, une gâterie un peu chère pour les familles moyennes qu’on s’offrait lors d’occasions spéciales.
Dans les pays moins développés, la chaîne du froid n’étant pas souvent, voire pas du tout respectée, on oublie les viandes saignantes. Et pour les coeurs sensibles, on évite aussi d’aller soi-même acheter la viande; la vue des mouches qui tournoient autour des carcasses pourraient vous couper l’appétit !! Attention aussi aux morceaux d’os et de cartilages, incluant dans la viande hachée.
Les fruits et légumes
Ho! Que je m’ennuie du Pérou (et dans une moindre mesure, du Burkina Faso) pour la variété, presque toute l’année, de fruits et légumes frais!
De mémoire, quelques items particulièrement présents dans chacun des pays où j’ai vécu ces dernières années:
- au Kazakhstan : choux, patates, choux, patates toutes pareilles, oignons, carottes, est-ce que j’ai parlé des choux? Il y a aussi des courges, mais évidemment pas en cette saison estivale alors que mon gamin me réclame des muffins à la courge depuis des semaines. Dès l’automne et tout l’hiver, on trouve beaucoup de bocaux faits maisons de cornichons, chou et autres petits légumes marinés. Le fenouil est très populaire comme aromate. On trouve pas mal de fruits, mais je crois que pratiquement les seuls qui ne sont pas importés sont les pommes*
- Burkina Faso: mangues, pommes cannelle, banane plantain, manioc, gumbo, plein de feuilles que je n’utilisais pas, fraises en saison, pastèque, et j’en passe.
- Pérou; bananes de toutes sortes, avocats, patates douces, papayes, fruits de la passion, goyaves, bleuets, raisins, cerises, fraises … et juste TOUT ce qui existe sur terre je crois.
- Québec: bleuets, framboises, fraises, et les plus délicieuses pommes qu’on trouve sur terre (désolée Kazakhstan, mais je m’ennuie de la MacIntosh!)
Si vous avez lu mon article « Simplement compliqué de laver les fruits et légumes», vous n’aurez pas de difficulté à comprendre que les salades et crudités sont peu fréquentes dans certains pays. Pour des raisons hygiéniques, il est souvent préférable de bien cuire les aliments pour tuer les pathogènes, a fortiori dans les pays où l’eau n’est pas potable… qui sont souvent les mêmes où l’eau usée (i.e. celle des toilettes) est utilisée pour l’irrigation!
Les féculents et céréales
Là je dois dire que j’ai découvert au Kazakhstan qu’il existe d’autres options que riz-pâtes-patates. Certes, le quinoa gagne en popularité, le couscous aussi. Mais saviez-vous qu’on peut préparer, un peu comme un accompagnement de riz, du blé, de l’orge, du sarrasin, du millet, du bulgur, et sûrement d’autres que je n’ai pas encore découverts? De la polenta et du couscous de diverses tailles aussi!
Parenthèse sur la découverte: quand tu fais ton épicerie avec des gamins, t’as plus ou moins le temps de flâner dans les rayons et TRADUIRE depuis le russe tous les différents paquets de produits que tu vois. D’où la lenteur de mes trouvailles. De plus, il faut savoir que chaque petit marchand a ses spécialités. Il faut donc aller en différents endroits de la ville, fouiner, regarder, demander, pour trouver ce qu’on cherche ou tomber sur des nouveautés.

Ce qui manque
On est toujours un peu nostalgiques de certains produits auxquels on est habitués. Souvent, ce sont des produits liés à l’enfance: les Haribos et les petits suisses pour les français, les Whippets et le sirop d’érable pour les québécois. Bien sûr, je généralise. Commentez au bas de l’article: Vous, il vous manque quoi comme bouffe quand vous êtes à l’étranger?
Dans ma liste à moi, de ce qu’il me manque au Kazakhstan, on trouve: des bananes plantain, des patates douces (j’en ai trouvé mais je dois les faire venir d’Almaty), grains de maïs séchés (pour faire ton propre popcorn sans saveurs bizarres), des chips NATURE, du bon pain, des bagels, des pois mange-tout, des haricots non surgelés, des Nachos, des tortillas et tacos, du bon saucisson.
Heureusement que plusieurs de ces produits peuvent se glisser dans une valise… papa, tu viens me visiter bientôt, hein?
Apprendre à substituer
Quand on ne trouve pas un produit, des fois il faut juste se poser les bonnes questions. Souvent, la première c’est « Est-ce qu’ici ça porte un autre nom? Une autre marque?». La seconde pourrait être « qu’est-ce que les gens d’ici utilisent, alors??»
Une fois, j’ai trouvé, grâce à une amie, une minuscule bouteille d’essence de vanille naturelle à environ 14 dollars. Oui, oui. Très cher et je n’en ai plus revu par la suite. Au bout de plusieurs mois, j’ai compris qu’ici les pâtissières utilisent de la vanilline en poudre. Autre exemple: on trouve très rarement de la fécule de maïs. Par contre, pas besoin de chercher longtemps la fécule de pomme de terre!
Encore une fois, quand on est expatriés, l’important c’est de rester ouvert et flexible.
Et les bébés eux, ils mangent quoi?
Dans la série d’articles Histoires de petites bouches, découvrez la diversification alimentaire d’un océan à l’autre !